L’ÉDUCATION NON FORMELLE AUX DROITS DE L'HOMME

Le 16 Mars 2012, l’association Instant Présent a été représentée à l’ONU par Asmae Fahoum et Gérard Gallego dans le cadre d’un panel sur l’éducation non formelle aux droits de l’Homme.

Ce panel - organisé par l'association Points Coeur Suisse- a réuni des ONG internationales ayant mis en place des initiatives pour promouvoir l’éducation aux droits de l’Homme (exemple : La Fédération internationale de la croix rouge et croissant rouge avec son programme YABC / The Nuclei of Youth and Children's Orchestras of the State of Bahia (NEOJIBA)...).

Le panel a été l’occasion pour l’association Instant Présent de communiquer sur son rôle dans la démocratisation de l’accès à la culture et l’importance d’utiliser le théâtre comme un outil d’insertion sociale des personnes vulnérables (personnes en handicap mental et psychiques, prisonniers, chercheurs d’emploi, migrants...).

Mais pourquoi le théâtre? En quoi est-ce une forme d’éducation?

Pour l’association Instant Présent, le théâtre n’a pas pour finalité d’apporter un savoir, et n’a pas pour seul but de divertir les hommes. Pour nous, le théâtre n’est pas une activité élitiste et intellectuelle. Pour nous, le théâtre est un outil d’éveil populaire pour :

  • éduquer afin de mieux vivre ensemble
  • échanger/partager du temps, de l’espace, des émotions et des mots
  • créer des liens sociaux en organisant des projets de théâtre ambitieux
  • se mettre à la place des autres, leur proposer d'autres perspectives

Dans les différents projets et spectacles gérés avec et pour des personnes vulnérables, nous essayons de :

1) Démocratiser l’accès à la culture

Avant chaque projet, nous demandons aux participants ce que représente le théâtre pour eux. Ils répondent - quasiment tous- qu’il s’agit d’une activité « élitiste », comme le témoigne Tarek, un participant à un spectacle en prison « Pour moi, avant le théâtre c’était Shakespeare, pour aller au théâtre, il fallait un certain niveau intellectuel et économique…pour moi, le théâtre était un peu élitiste »

Depuis 1992, Gérard Gallego essaie de changer cette réalité :

  • en facilitant l’accès à une activité artistique ambitieuse malgré les contraintes logistiques et administratives et en tenant compte des difficultés auxquelles se heurtent les personnes vulnérables
  • en proposant une autre approche de la culture. Pour nous la culture est d’abord le sentiment qu’on a quelque chose de personnel à exprimer qui va prendre sens et valeur personnelle pour les autres

2) Favoriser l’émancipation individuelle et le développement de la citoyenneté

Le théâtre permet aux participants de prendre conscience de la dignité humaine, de se mettre en perspective et de se réapproprier la parole grâce à des exercices sur le regard, la présence, le partage des sentiments...

Par ailleurs, le théâtre aide les participants à jouer un rôle utile dans une société libre.

Nikola, un participant à un de nos spectacles en prison nous a dit en 2001: « Au moins pour certaines choses hors du théâtre, j’aurai confiance en moi. Au moins si j’ai assuré ici, pourquoi je n’assurerais pas ailleurs ? Maintenant je sais que j’aurai d’autres choix. »

3) Créer des liens sociaux et favoriser l’égalité

Le théâtre est un outil pour créer des liens sociaux et pour développer un esprit d’équipe et de solidarité où l’identité existe pleinement au sein d’un groupe. A la fin d’un spectacle en prison, Fabrice nous a dit : « Ce qui m’a plu, c’est déjà de travailler en groupe, (...) il n’y avait pas d’arrière-pensée, on se donnait tous la main pour monter un vrai projet ensemble, en harmonie. »

Par ailleurs, tous nos projets sont gérés avec différentes personnes (différents âges, différentes origines, différentes religions...). Notre rôle est de promouvoir la compréhension, la tolérance et de créer des relations d’amitiés entre les différentes cultures.

© Asmae Fahoum et Gérard Gallego, mars 2012

HAUT